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La mondialisation ne meurt pas, elle bifurque

11 Octobre 2026 , Rédigé par Jamel BENJEMIA. Journal Le Temps 11/10/2026

La mondialisation ne meurt pas, elle bifurque

Par Jamel BENJEMIA

 

À force d’annoncer la démondialisation, nous avions presque fini par la tenir pour argent comptant. Les frontières économiques devaient se redresser, les usines revenir au bercail, les chaînes de valeur se raccourcir et les grandes puissances retrouver cette souveraineté productive que plusieurs décennies d’ouverture commerciale auraient imprudemment dispersée. Donald Trump traduisit le discours en droits de douane ; l’Europe, plus prudemment, parla d’autonomie stratégique. Tout semblait converger vers le même horizon : le grand reflux.

Mais les chiffres ont parfois l’insolence de contrarier les récits.

Dans une chronique publiée par Le Point.fr le 19 septembre 2026, l’économiste Patrick Artus relève un paradoxe remarquable : malgré le protectionnisme américain et l’affrontement économique avec Pékin, le commerce mondial continue de progresser. Entre 2024 et 2025, les échanges de marchandises ont augmenté de 7 %, ceux de services de 8 %. Depuis 2011, ces derniers ont même progressé de 77 %, contre 35 % pour les marchandises.

La mondialisation que l’on croyait agonisante change de visage.

Peut-être avons-nous simplement regardé le mauvais indicateur. Car la globalisation des échanges ressemble moins à une mer dont on pourrait faire baisser le niveau qu’à un immense réseau hydrographique : dressez un barrage, l’eau cherche une autre pente. Elle contourne l’obstacle, creuse ailleurs son lit et fait parfois prospérer des territoires que personne n’avait imaginés sur son passage. 

 

Quand la frontière déplace le commerce

Les importations des États-Unis en provenance de Chine ont reculé de 25 % en un an. Pris isolément, le chiffre paraît confirmer la victoire du protectionnisme. Pourtant, pendant la même période, les importations américaines en provenance des pays de l’ASEAN ont progressé de 29 %, celles venant de Taïwan de 16 % et celles du Mexique de 7 %. Au total, les importations américaines continuaient d’augmenter fortement au premier semestre 2026.

Une partie des productions chinoises emprunte désormais d’autres circuits, transite par des pays tiers ou s’insère dans des chaînes de valeur recomposées. L’OCDE observe que si le poids de ces chaînes recule aux États-Unis et en Chine, il progresse ailleurs, notamment dans l’Union européenne, au Mexique, en Turquie, au Brésil, en Afrique du Sud ou au Royaume-Uni.

Ce que nous appelons démondialisation recouvre donc, pour une large part, une redistribution géographique des échanges et des chaînes de valeur.

David Ricardo avait bâti la théorie des avantages comparatifs sur une intuition devenue classique : les nations ont intérêt à se spécialiser là où leur avantage relatif est le plus important. Deux siècles plus tard, les chaînes de valeur ont rendu cette spécialisation infiniment plus complexe sans en abolir la logique.

Lorsque, comme le rappelle Artus, une heure de travail industriel coûte environ 37 dollars aux États-Unis, contre 7 en Chine et 6 au Mexique, la volonté politique rencontre une résistance autrement plus tenace qu’un discours électoral : celle des coûts.

On peut déplacer une frontière douanière d’un trait de plume. On ne déplace pas aussi facilement la structure productive d’une économie.

 

Les nouveaux carrefours

Lorsqu’un flux change de route, les territoires qu’il emprunte changent de stature. Le Mexique, adossé au marché américain, s’affirme comme l’un des passages de sa réorganisation industrielle. En Asie, l’ASEAN gagne une centralité nouvelle : plateforme productive hier, elle devient aujourd’hui une interface stratégique entre la Chine et les marchés occidentaux.

L’histoire économique asiatique semble ici nous adresser un clin d’œil. Dans les années 1930, l’économiste japonais Kaname Akamatsu avait imaginé le modèle du « vol des oies sauvages » (flying geese) pour décrire une industrialisation avançant par vagues successives, les productions se déplaçant d’une économie à l’autre à mesure que chacune remontait la chaîne de valeur. Le modèle connut une singulière postérité avec l’essor asiatique de la seconde moitié du XXe siècle. Près d’un siècle plus tard, les oies d’Akamatsu semblent reprendre leur vol ; la formation, cependant, a changé.

Le détour crée de la centralité.

Une économie mondiale ne se compose pas seulement de stocks de capitaux, de volumes échangés ou de balances commerciales. Elle est faite de flux, de goulots, de convertisseurs et de passages.

Un droit de douane constitue un goulot. Un pays capable d’accueillir une production déplacée devient un convertisseur. Une nouvelle route commerciale ouvre un passage. Puis l’ensemble rétroagit : les investissements suivent, les infrastructures s’adaptent, les compétences se déplacent et les rapports de puissance, lentement, se recomposent.

Le protectionnisme engendre ainsi un paradoxe : en cherchant à contenir l’interdépendance, il en accélère la recomposition et en complexifie les circuits. La Chine en fournit l’illustration : sous la pression des restrictions américaines, ses exportations continuaient de progresser fortement à l’été 2026.

On ferme une porte ; plusieurs fenêtres s’entrouvrent.

Tout change, précisément. Mais les itinéraires changent avant les volumes.

 

Quand l’argent change lui aussi de route

Le même mécanisme apparaît sur un terrain apparemment éloigné : celui de la dette souveraine.

Certains investisseurs japonais commencent à prendre leurs distances avec les obligations françaises. Shinji Kunibe, gérant obligataire chez Sumitomo Mitsui DS Asset Management, a ainsi indiqué avoir liquidé l’intégralité de ses positions en dette française pour réorienter principalement les fonds vers les Bunds allemands et, dans une moindre mesure, vers des obligations japonaises à court terme.

L’information mérite attention, parce qu’elle révèle un changement d’arbitrage. Les investisseurs japonais constituent depuis longtemps une source importante de financement des marchés obligataires étrangers. En juillet 2026, ils détenaient environ 23 000 milliards de yens d’obligations européennes et françaises, soit quelque 131 milliards d’euros. Or la remontée des rendements au Japon modifie leur calcul.

Pourquoi supporter à l’étranger un risque politique, budgétaire ou de change si le marché domestique redevient rémunérateur ?

La question est presque triviale. Ses conséquences le sont beaucoup moins.

Car ici encore, le capital ne disparaît pas. Il bifurque.

Ce qui quitte la dette française peut rejoindre le Bund allemand ou retourner vers les titres japonais. Exactement comme une marchandise chinoise peut emprunter le Mexique ou l’Asie du Sud-Est pour atteindre autrement son marché final.

Commerce et finance obéissent à des mécanismes différents, mais partagent une propriété essentielle : leur mobilité recherche le passage offrant le meilleur rapport entre coût, rendement, sécurité et accessibilité.

On retrouve ici, élargie aux flux internationaux, une intuition de Ronald Coase : aucune transaction ne s’effectue sans frottements ; rechercher l’information, organiser l’échange ou sécuriser un contrat comporte un coût. À ces coûts s’ajoute une variable plus difficile à comptabiliser : la confiance. Un passage moins cher peut être délaissé s’il paraît incertain ; un autre, plus coûteux, attirer les flux parce qu’il offre davantage de prévisibilité. La confiance devient alors une infrastructure invisible.

 

Les passages, tremplins vers la puissance

C’est là que l’opposition entre mondialisation et repli national atteint ses limites. Nous raisonnons trop souvent en termes binaires : ouvert ou fermé, mondial ou national, libre-échange ou protectionnisme. Or les systèmes complexes affectionnent davantage les transformations que les disparitions.

Un flux contrarié peut ralentir, se diviser, emprunter un intermédiaire ou déplacer vers un autre territoire une fonction jusque-là exercée ailleurs.

C’est ce que l’on pourrait appeler l’économie des passages.

Elle oblige à regarder ceux qui produisent, ceux qui consomment, et ceux par lesquels il faut désormais passer.

Voilà pourquoi la recomposition actuelle des flux mondiaux ouvre un espace à de nouvelles puissances intermédiaires. Mexique, Vietnam, Indonésie, Turquie : les économies capables de convertir les tensions entre grands blocs en investissements, industries, infrastructures ou capacités logistiques disposent d’une carte que la vieille géographie économique sous-estime parfois.

Cette géographie possède aussi son revers.

Un pays peut posséder une économie importante et perdre de sa centralité si les flux commencent à l’éviter. La puissance ne réside donc pas seulement dans ce que l’on possède ; elle dépend aussi de ce que l’on attire, de ce que l’on transforme et de ce que les autres acceptent de faire transiter par vous.

Et le changement de flux finit par modifier la réalité qui l’avait provoqué.

C’est toute la cruauté des boucles de rétroaction.

La globalisation redessine ainsi sa géographie. Elle entre dans une période plus fragmentée, plus politique, plus sinueuse, où la sécurité rejoint le prix dans le calcul économique et où les États tentent de reprendre la main sur des circulations longtemps considérées comme essentiellement marchandes.

Ils y parviendront parfois.

Mais ils découvriront aussi une vieille vérité : commander au mouvement est plus difficile que commander au territoire.

La véritable question n’est donc plus de savoir si nous allons vers davantage d’ouverture ou davantage de fragmentation.

Elle est de savoir par où passera désormais le monde, et quels pays sauront transformer ces passages en puissance.

On érige des obstacles ; les flux inventent des trajectoires.

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L’École autrichienne à l’épreuve de la géosystémie

4 Octobre 2026 , Rédigé par Jamel BENJEMIA. Journal Le Temps 04/10/2026 Publié dans #Articles

L’École autrichienne à l’épreuve de la géosystémie

Par Jamel BENJEMIA

 

Dans un entretien publié par Le Point le 1er octobre 2026, Javier Milei livre trois références pour comprendre l’économie : Henry Hazlitt, Ludwig von Mises et Murray Rothbard. Le choix n’est pas anodin. Il dessine une filiation intellectuelle étroitement liée à l’École autrichienne, dont le président argentin revendique volontiers l’héritage. À ce triptyque, il faut ajouter Friedrich von Hayek, tant sa réflexion sur l’information dispersée, les prix et l’ordre spontané éclaire l’architecture profonde de cette pensée.

L’intérêt n’est pourtant pas de reconstituer la bibliothèque de Milei. Il est de confronter une tradition économique qui a puissamment pensé l’individu, la connaissance, le marché et la contrainte à une approche géosystémique davantage attentive aux interactions, aux conversions, aux seuils, aux rétroactions et aux goulots d’étranglement.

Non pour dresser une école contre une autre, mais pour enrichir la réflexion économique.

Car une pensée gagne moins à terrasser ses devancières qu’à découvrir ce qu’elles avaient vu, et ce que leurs instruments conceptuels ne leur permettaient pas encore d’embrasser.

Voir au-delà de la myopie immédiate

Le journaliste et essayiste Henry Hazlitt, proche de l’École autrichienne sans en être à proprement parler l’un des représentants, ouvre la marche avec L’Économie en une leçon, publié en 1946. Son principe est d’une simplicité presque trompeuse : une politique économique ne saurait être jugée uniquement à partir de ses conséquences immédiates ni du groupe qui en bénéficie directement. Il faut poursuivre ses effets dans le temps et observer leur propagation à l’ensemble de la société.

Hazlitt impose ainsi une première révolution du regard. Derrière ce qui se voit se tient tout un continent de conséquences différées, détournées ou sacrifiées.

Son intuition possède déjà quelque chose de systémique. Elle oblige à prolonger la chaîne causale au-delà de son premier maillon, là où l’observateur pressé s’arrête volontiers.

La géosystémie introduit toutefois une question supplémentaire : que se passe-t-il lorsque la conséquence revient modifier sa propre cause ?

Une réduction budgétaire peut alléger un déficit, restaurer certaines anticipations, modifier les conditions de financement et favoriser l’investissement. Mais une compression mal orientée peut aussi affaiblir une infrastructure essentielle, dégrader la productivité puis réduire, à terme, les ressources mêmes que l’on cherchait à préserver.

La subtilité consiste précisément à distinguer la réduction de la compression : la première peut retrancher le superflu ; la seconde atteindre l’organe qui permet au système de fonctionner.

Avec la rétroaction, la ligne devient boucle.

Hazlitt nous apprend à regarder au-delà de ce qui se voit. La géosystémie nous invite à regarder aussi ce qui revient.

Quand les actions s’entrechoquent

Avec Ludwig von Mises, le point de départ devient plus fondamental : l’homme agit. Dans L’Action humaine, publiée en 1949, l’économiste autrichien fait de cette proposition le socle de la praxéologie, cette science générale de l’action qui place l’intention et le choix au commencement du raisonnement économique. L’individu éprouve une insatisfaction, imagine une situation préférable et mobilise les moyens susceptibles de l’y conduire.

Cette primauté de l’acteur protège l’économie d’une tentation ancienne : transformer les hommes en particules passives d’une mécanique sociale.

Mais une difficulté surgit dès que l’on change d’échelle.

Une société n’est pas seulement composée d’individus qui agissent. Elle est également faite d’actions qui se rencontrent, se contredisent, se propagent et, parfois, s’amplifient mutuellement.

Bulles spéculatives, congestions urbaines ou ruées bancaires peuvent ainsi naître de décisions individuelles dont les interactions produisent ce que nul n’avait voulu.

C’est ici que la géosystémie élargit le champ : Ludwig von Mises part de l’action individuelle ; elle s’attache aux interactions et aux dynamiques collectives qui en procèdent.

Et l’interaction conduit à l’émergence : cette réalité nouvelle qui naît des comportements individuels sans avoir été voulue par aucun de ceux qui y participent.

L’économie cesse alors d’être seulement une addition d’actes. Elle devient également le produit de leurs rencontres.

Hayek ou l’intelligence dispersée

Friedrich von Hayek nous conduit plus loin encore et, paradoxalement, plus près de la géosystémie.

Dans son célèbre article de 1945, The Use of Knowledge in Society, il souligne que l’information indispensable à la coordination économique n’est jamais concentrée dans un seul esprit. Elle demeure fragmentée, dispersée entre des millions d’acteurs, chacun possédant une connaissance locale qu’aucun planificateur ne pourrait réunir dans sa totalité.

Le système des prix devient dès lors bien davantage qu’un mécanisme marchand : il constitue un dispositif de transmission.

La rareté d’un bien fait monter son prix. Nul besoin de savoir si le détroit d’Ormuz est bloqué, si une guerre tarifaire fait rage ou si une chaîne d’approvisionnement s’est rompue à l’autre bout du monde : le prix condense l’information et la transmet.

Hayek fait ainsi du marché une immense conversation sans interlocuteur central.

La parenté avec la géosystémie est manifeste. Nous sommes déjà dans un univers de réseaux, d’informations circulantes et de coordinations sans chef d’orchestre.

Mais une question demeure.

Que se passe-t-il lorsque le signal est juste et que, malgré tout, le système ne répond pas ?

Prenons le logement : les prix montent, signalant une offre insuffisante. Pourtant, foncier rare, crédit contraint, autorisations interminables ou infrastructures saturées peuvent empêcher la construction. Le prix a parlé, mais le système n’a pu répondre. L’information n’est pas encore la capacité.

Entre le signal et le résultat se trouvent des convertisseurs : financement, compétences, droit, énergie, infrastructures, logistique, institutions. Ce sont eux qui transforment une information économique en possibilité réelle.

Lorsqu’un de ces passages sature au point de contraindre l’ensemble, il devient un goulot d’étranglement.

Le marché peut parfaitement savoir ce qu’il faudrait faire et demeurer momentanément incapable de le faire.

Rothbard, de la contrainte à la fonction

Murray Rothbard pousse l’héritage de Ludwig von Mises vers l’une de ses formulations les plus radicales. Dans Man, Economy, and State, puis Power and Market, il part lui aussi de l’action humaine et analyse les interventions qui viennent, selon lui, altérer les échanges volontaires.

Sa vigilance envers la contrainte possède une véritable vertu intellectuelle : elle oblige à regarder derrière les intentions proclamées d’une mesure pour examiner les comportements qu’elle modifie effectivement.

Mais la géosystémie se sépare ici plus nettement de lui.

Elle ne saurait décider de la valeur économique d’un mécanisme simplement parce qu’il est public ou privé.

Elle demande d’abord : quelle fonction exerce-t-il dans l’ensemble ?

Une administration peut entraver quand une infrastructure publique libère ; une entreprise peut innover quand une oligarchie verrouille l’accès aux nouveaux entrants. La frontière ne sépare donc plus nécessairement l’État du marché, mais ce qui permet de ce qui empêche, ce qui convertit de ce qui bloque. L’analyse quitte ainsi la nature de l’acteur pour interroger sa fonction.

Une économie des passages

Les quatre auteurs dessinent ainsi une architecture que la géosystémie n’a aucune raison de récuser.

Hazlitt nous enseigne les conséquences.

Ludwig von Mises, l’action.

Hayek, la connaissance dispersée et le signal.

Rothbard, la vigilance envers la contrainte.

La géosystémie prolonge ces acquis en observant l’économie dans son mouvement : les actions interagissent, l’information circule, parvient ou non à se convertir en activité, rencontre des obstacles et produit des rétroactions qui réorganisent l’ensemble.

Car disposer de capital, de demande et de signaux de prix pertinents ne suffit pas. Toute économie possède une anatomie : banques, ports, tribunaux, réseaux, compétences, confiance ou normes sont autant de passages dont dépend la circulation de l’activité. La saturation de l’un d’eux peut alors ralentir l’ensemble du système.

Coase, l’un des grands précurseurs de la nouvelle économie institutionnelle, avait montré que les coûts de transaction peuvent entraver des échanges pourtant avantageux. La géosystémie élargit la focale : elle interroge les conditions qui permettent à l’information de devenir décision, puis à la décision de devenir production.

La vieille querelle entre davantage d’État et davantage de marché paraît alors prisonnière d’une alternative trop étroite. Une question plus féconde surgit : où est le passage ? Où est le verrou ?

Appliquée à Milei, elle modifie même le sens de la tronçonneuse. Supprimer un organisme inutile peut libérer une circulation entravée. Supprimer un maillon indispensable peut, inversement, fabriquer le goulot que l’on prétendait abolir.

Avant de couper une branche, encore faut-il s’assurer de ne pas être assis dessus.

L’École autrichienne nous aura légué une intuition essentielle : aucune intelligence centrale ne peut prétendre posséder seule la connaissance d’une société complexe.

La géosystémie y ajoute une autre exigence : une société peut disposer de l’information nécessaire et rester pourtant prisonnière de ses propres incapacités de transformation.

Le marché peut savoir. Encore faut-il que le système puisse.

 

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