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Décryptage des économies : Le libéralisme à la croisée des chemins
Décryptage des économies :
Le libéralisme à la croisée des chemins.
Par
Jamel
BENJEMIA
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Dans le panorama économique mondial, la France, les États-Unis, l’Allemagne et l’Angleterre émergent comme des acteurs incontournables, chacun avec son propre héritage, sa dynamique économique unique et ses défis particuliers. Ces quatre nations ont joué des rôles essentiels dans la formation du modèle économique mondial, influençant les politiques, les marchés et les idéologies depuis des décennies. Cependant, au cœur de leur succès apparent résident des impasses économiques complexes qui ébranlent les fondements même de leur système. L’intersection entre le libéralisme économique, la politique sociale, la durabilité et la transition post-Brexit crée un terrain fertile pour l’analyse. Cet article s’engage dans un voyage captivant à travers les méandres économiques de ces quatre nations, cherchant à dévoiler les nuances et les paradoxes de leurs expériences économiques.
La France et le paradoxe de la protection
En France, le paradoxe de la protection se déploie sous l’ombre des généreux filets sociaux qui chevauchent avec une économie parfois entravée.
A première vue, les généreuses mesures de protection sociales semblent incarner les valeurs d’égalité et de solidarité. Cependant, la rigidité apparente du marché de l’emploi peut en cacher des réalités plus complexes et parfois inquiétantes.
L’ubérisation de l’économie et le recours à des contrats de gérance-mandats contribuent à une flexibilité proche d’un esclavage moderne.
L’État providence, qui englobe des secteurs tels que la santé, l’éducation et les retraites, offre des avantages substantiels à la population française.
Le financement de ces programmes sociaux nécessite des charges fiscales et sociales élevées. Les prélèvements obligatoires (impôts+ cotisations) ont dépassé les 45% du PIB en 2022 (45.3%) et les dépenses publiques pour l’année 2022 représentent 58.1% du PIB.
Valéry Giscard d’Estaing, ancien Président de la République française, avait exprimé l’idée que le seuil de 40% pour les prélèvements obligatoires constituait un seuil d’alerte.
Selon sa perspective, « à 40%, l’économie verse dans le socialisme ».
« Le quoi qu’il en coûte », instauré par le président Macron en réponse à la pandémie mondiale du Covid-19, s’élève à 240 milliards d’euros (80 milliards de subventions et 160 milliards de prêts), et le bouclier tarifaire représentera 100 milliards d’euros à fin 2023.
L’approche « quoi qu’il en coûte » mise en place par le gouvernement français s’est avérée être une mesure dithyrambique, saluée pour son audace et son efficacité dans la préservation de l’économie et de l’emploi face aux défis sans précédent posés par la crise du Covid.
Selon les chercheurs de la faculté d’économie de Lille, les aides publiques aux entreprises françaises sont de l’ordre de 30 milliards d’euros en 1990 et de 160 milliards d’euros en 2019, bien avant la crise du Covid. Les entrepreneurs français naviguent souvent dans les méandres du paradoxe d’un « capitalisme sous perfusion », qui a tendance à « privatiser les bénéfices et socialiser les pertes ».
De plus, la France a encore du mal à intégrer une minorité invisible, et les récentes émeutes ne font que mettre en évidence le profond fossé qui sépare le pouvoir politique de sa jeunesse. Les défis auxquels la France est confrontée exigent un effort herculéen de la part des responsables politiques, non seulement pour garantir une protection sociale adéquate, mais aussi pour s’engager pleinement dans l’intégration sociale. Cela permettra de répondre aux aspirations des générations montantes.
Les États-Unis et l’inégalité croissante
Les États-Unis, bastion du capitalisme et du rêve américain, sont confrontés à un défi économique majeur : l’inégalité croissante. Alors que le pays a prospéré en tant que leader mondial, cette prospérité n’a pas été uniformément répartie parmi sa population. L’ascension de l’inégalité économique met en évidence les limites du modèle libéral américain et soulève des questions fondamentales sur l’équité et la stabilité sociales. Le cœur de l’inégalité croissante aux États-Unis réside dans la disparité des revenus et de la richesse. Une fraction de plus en plus mince de la population possède une part disproportionnée des richesses nationales, tandis que de vastes segments de la société luttent pour joindre les deux bouts. Au fil des décennies, les disparités de revenus se sont amplifiées, nourries par des politiques fiscales en faveur des plus riches, le phénomène de mondialisation et les avancées de l’automatisation.
Les entreprises multinationales ont souvent profité d’une réglementation souple et d’avantages fiscaux, tout en maintenant des coûts de main-d’œuvre bas, ce qui a contribué à accentuer la fracture économique.
Le modèle libéral américain, qui encourage la liberté des entreprises et la poursuite du profit individuel, a contribué à cette inégalité croissante. Le manque de réglementation adéquate et l’accent mis sur l’autorégulation ont permis aux entreprises de maximiser leurs bénéfices au détriment des travailleurs et des communautés. Les mécanismes de redistribution des richesses, tels que les systèmes de sécurité sociale et d’assurance-maladie, ont souvent été critiqués et remis en question, laissant de nombreuses personnes sans filet de sécurité en cas de difficultés économiques.
Cependant, il est important de noter que les États-Unis ne sont pas dépourvus de solutions potentielles pour lutter contre l’inégalité croissante. Des propositions politiques telles que l’augmentation du salaire minimum, la réforme fiscale progressive et l’expansion de l’accès à l’éducation peuvent jouer un rôle dans la réduction de l’écart entre les riches et les moins nantis.
De plus, les entreprises peuvent adopter des pratiques commerciales plus responsables, en mettant l’accent sur le bien-être des travailleurs et des communautés plutôt que sur les bénéfices à court terme.
L’ampleur de cette inégalité soulève des questions urgentes sur la durabilité et la stabilité de la société américaine. La recherche de solutions pour réduire l’écart entre les riches et les pauvres demeure un impératif moral et économique pour les États-Unis.
L’Allemagne et la quête de durabilité
L’Allemagne, considérée comme une locomotive économique, est aujourd’hui confrontée à un impératif puissant : la recherche de durabilité. Alors que le pays a prospéré en tant que leader industriel et exportateur, il prend de plus en plus conscience des défis environnementaux et sociaux qui accompagnent ce succès. L’équilibre entre la croissance économique et la préservation de l’environnement constitue le cœur du défi de durabilité auquel l’Allemagne doit faire face.
L’industrie lourde, notamment l’automobile et l’ingénierie, occupe une place prépondérante dans l’économie allemande. Cependant, cette orientation économique a engendré des conséquences environnementales considérables. Les émissions de gaz à effet de serre, la consommation d’énergie et les déchets industriels ont créé des enjeux de durabilité auxquels l’Allemagne est désormais contrainte de résoudre. La transition vers une économie à faibles émissions de carbone s’est imposée comme une priorité cruciale, nécessitant d’importants investissements dans les énergies renouvelables, la technologie propre et la réduction de l’empreinte carbone.
La quête de durabilité en Allemagne ne se limite pas à l’environnement. Le pays est également confronté à des défis sociaux, tels que le vieillissement de la population et les inégalités économiques. Bien que le modèle de protection sociale allemand ait contribué à réduire la pauvreté et à garantir un accès équitable aux soins de santé, il doit désormais s’adapter pour répondre aux besoins grandissants des personnes âgées et des groupes vulnérables. La durabilité sociale implique également de lutter contre les disparités régionales et de promouvoir l’inclusion de tous les citoyens dans la prospérité économique.
Le paradoxe de la durabilité en Allemagne réside dans le fait que son modèle économique traditionnel constitue à la fois une force et une faiblesse. Les exportations et l’expertise industrielle ont propulsé l’Allemagne au rang d’acteur majeur sur la scène mondiale, mais ces mêmes industries sont également responsables d’une grande part de l’empreinte environnementale du pays. La nécessaire transition vers une économie durable pourrait entraîner des répercussions sur l’emploi et la compétitivité, exigeant ainsi une gestion délicate de ce processus.
Le gouvernement allemand a entrepris des mesures pour faire face à ces défis. Des initiatives telles que les projets « Energiewende » ont pour objectif de stimuler la transition énergétique, tandis que des réglementations strictes sur les émissions automobiles sont mises en place pour réduire la pollution de l’air.
De plus, l’Allemagne investit dans la recherche et l’innovation afin de développer des technologies propres et des solutions durables.
L’économie allemande est à un moment décisif, devant concilier préservation de sa position économique tout en adoptant des pratiques plus durables. La réussite de cette transition aura des implications majeures non seulement pour l’Allemagne, mais également pour l’économie mondiale dans son ensemble et pour la lutte contre le changement climatique.
L’Angleterre et l’incertitude post-Brexit
L’Angleterre, riche en histoire et en influence mondiale, se trouve actuellement à un moment critique de son développement économique post-Brexit. La décision historique de quitter l’Union Européenne a engendré d’importants défis et opportunités, remettant en question le modèle économique et politique du pays, et instaurant une période d’instabilité et d’ajustements.
Le processus de retrait de l’Union Européenne a généré des incertitudes profondes pour l’économie anglaise.
Les négociations complexes autour des accords commerciaux et des relations futures avec l’Union Européenne ont créé un climat d’instabilité, impactant les entreprises, les investissements et la confiance des marchés. Les chaînes d’approvisionnement, qui s’étendent souvent à travers l’Europe, ont été perturbées, laissant les entreprises anglaises se débattre avec des changements inattendus aux règles du commerce international.
L’incertitude post-Brexit a également entraîné des répercussions sur le secteur financier, un pilier majeur de l’économie anglaise. La City de Londres, autrefois au cœur du système financier européen, a perdu une partie de son accès au marché unique, entraînant des délocalisations d’entreprises et des perturbations sur les marchés financiers. La question de savoir si l’Angleterre conservera sa position de centre financier mondial reste un point d’interrogation majeur.
Le modèle libéral anglais, qui a longtemps favorisé le libre-échange et les relations internationales étroites, est en train d’être remodelé. L’Angleterre doit désormais forger de nouvelles alliances économiques et commerciales en dehors de l’Union Européenne.
Cependant, l’incertitude post-Brexit a également mis en lumière la résilience et l’adaptabilité de l’Angleterre. Les entreprises britanniques ont souvent cherché à diversifier leurs marchés et à innover pour s’adapter aux nouvelles réalités économiques. De plus, le gouvernement anglais a pris des mesures pour promouvoir l’investissement et la compétitivité, en lançant des initiatives visant à stimuler la recherche et l’innovation.
L’incertitude actuelle offre à la fois des défis et des opportunités, obligeant l’Angleterre à repenser son modèle économique, à forger de nouvelles alliances et à naviguer dans un paysage mondial en mutation. L’histoire en cours de l’Angleterre post-Brexit servira de leçon sur l’ampleur audacieuse voire aventureuse de la prise de décisions politiques et économiques à l’ère de l’incertitude mondiale.
Les économies de la France, des États-Unis, de l’Allemagne et de l’Angleterre, chacune avec sa propre palette de complexités et de paradoxes, nous offrent un fascinant aperçu des défis mondiaux.
Au-delà de leurs réussites, ces nations sont confrontées à des croisées des chemins qui les obligent à réévaluer les fondements de leurs systèmes économiques.
Cette exploration minutieuse nous pousse à une profonde réflexion sur la trajectoire que ces économies en mutation sont susceptibles d’emprunter, ainsi que sur la façon dont elles pourraient remodeler le paysage économique mondial à l’avenir.
Ces nations ont la responsabilité de promouvoir un libéralisme authentiquement social et humain.
À mon avis, le véritable libéralisme doit transcender la simple liberté économique pour embrasser une liberté qui célèbre et respecte la dignité de chaque être humain.
Géopolitique mondiale : Le grand chamboulement ?
Géopolitique mondiale :
Le grand chamboulement ?
Par
Jamel
BENJEMIA
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L’évolution de la scène géopolitique mondiale est un spectacle captivant où les dynamiques traditionnelles du pouvoir et de l’influence sont en constante mutation. Les balancements des rapports de force entre nations et régions façonnent un nouvel ordre mondial qui dévoile des tendances inédites.
Parmi ces évolutions majeures, une observation frappante est l’éloignement progressif des pays africains et latinos vis-à-vis de l’influence prépondérante qu’exerçaient autrefois la France et les États-Unis sur leurs affaires nationales et régionales. En parallèle, la Chine, émergeant comme un acteur incontournable, renforce ses liens avec la Russie, marquant ainsi un rapprochement stratégique entre deux puissances qui redessine les équilibres géopolitiques.
Les pays africains et le recul de l’influence française et européenne
La fin du colonialisme au milieu du XXème siècle a marqué le début d’un nouveau chapitre pour les pays africains. Ils ont obtenu leur indépendance et ont cherché à se libérer de la domination étrangère, y compris celle de la France. Cependant, certaines relations post-coloniales ont maintenu des liens étroits, notamment à travers la monnaie, la coopération économique et militaire.
La Belgique, en tant qu’acteur européen se retrouve également confrontée à une situation similaire. Son influence dans certaines régions d’Afrique est mise à l’épreuve, avec des questions croissantes sur l’efficacité de son approche politique et militaire.
Le constat de la régression de l’influence européenne se généralise, posant la question de la manière dont les nations européennes peuvent repenser leurs stratégies pour être à l’écoute des aspirations des populations locales et éviter les erreurs du passé.
Le parallèle avec l’Empire ottoman rappelle l’importance de comprendre les dynamiques internes de chaque pays et d’adapter les politiques et les actions en conséquence. Les régimes militaires qui ont émergé dans la région sahélienne, ainsi que les mouvements nationalistes, posent des défis nouveaux pour la stabilité et la sécurité dans la région.
Dans ce contexte, il est essentiel de repenser la présence militaire étrangère en Afrique et d’explorer de nouvelles formes de coopération basées sur le respect des souverainetés nationales et une écoute attentive des besoins des populations locales.
La discrétion et l’humilité dans les interventions pourraient être une approche plus appropriée pour s’engager dans des relations internationales équilibrées.
La régression de l’influence française et européenne dans certains pays d’Afrique et du Sahel est un rappel des changements géopolitiques en cours dans le monde.
Les nations européennes doivent maintenant faire preuve de réflexion et d’adaptation pour construire des relations plus équilibrées et durables avec les pays partenaires. Le futur des relations internationales réside dans la capacité à s’adapter aux aspirations et aux besoins des pays concernés, tout en évitant les erreurs du passé.
Le mémorandum d’entente sur un partenariat stratégique entre la Tunisie et l’Union Européenne va dans la bonne direction.
Cependant, pour que cette ardente obligation de concrétiser le partenariat stratégique porte ses fruits, il est essentiel que les deux parties s’engagent pleinement dans sa mise en œuvre.
Cela nécessite une coordination étroite, une transparence dans les actions entreprises et une évaluation régulière des progrès réalisés. Les défis ne manqueront pas, mais c’est en travaillant ensemble que l’Union Européenne et la Tunisie pourront surmonter les obstacles et bâtir un partenariat solide et durable pour un nouveau monde.
Les pays latinos et la réévaluation de l’influence américaine
L’Amérique latine, composée de pays aux cultures diverses et aux économies variées, entretient des liens historiques et géopolitiques étroits avec les États-Unis depuis des siècles.
Cependant, ces dernières années, la région a connu des changements significatifs dans ses relations avec les États Unis, marquant une réévaluation de l’influence américaine. Ce mouvement a été façonné par divers facteurs politiques, économiques et sociaux qui ont entrainé une remise en question de l’hégémonie traditionnelle des États-Unis en Amérique latine.
L’histoire de l’Amérique latine est marquée par l’ingérence politique et économique des États-Unis dans la région. Des interventions militaires, des régimes dictatoriaux soutenus par les États-Unis et des politiques commerciales favorables aux intérêts américains ont laissé des cicatrices profondes dans l’esprit de nombreux pays latinos. Cette méfiance croissante à l’égard de l’influence américaine a conduit à une remise en question de la relation traditionnelle entre l’Amérique latine et les États-Unis.
Certaines politiques unilatérales mises en œuvre par les États-Unis ont suscité des préoccupations en Amérique Latine. Les tensions commerciales et les sanctions imposées à certains pays de la région ont alimenté des sentiments de mécontentement et de frustration.
La montée en puissance de la Chine en tant que puissance économique a eu un impact significatif en Amérique latine.
La Chine est devenue un partenaire commercial majeur pour de nombreux pays de la région.
Les pays latinos ont également cherché à renforcer leur coopération régionale et à promouvoir une voix collective sur la scène internationale. Des organisations telles que l’Union des Nations Sud-Américaines (UNASUR) et la Communauté des États Latino-Américains et des Caraïbes (CELAC) ont été créées pour favoriser la coopération régionale et renforcer les liens politiques entre les pays latinos.
La réévaluation de l’influence américaine en Amérique latine est un processus complexe et multifacette. La région cherche à préserver son autonomie politique et économique tout en explorant de nouvelles opportunités de coopération avec d’autres acteurs mondiaux. Les relations entre les pays latinos et les États-Unis continueront de jouer un rôle clé dans la géopolitique mondiale, et il est essentiel de trouver un équilibre qui favorise la coopération mutuellement bénéfique et le respect de la souveraineté nationale de chaque pays latino-américain. La réévaluation de l’influence américaine offre également une occasion de renforcer la coopération régionale en Amérique latine et de promouvoir une voix collective sur les questions mondiales d’intérêt commun.
La Chine et la Russie : un rapprochement stratégique
Au cours des dernières décennies, les relations entre la Chine et la Russie ont connu une évolution significative, passant d’une période de méfiance mutuelle à un rapprochement stratégique. Ce partenariat renforcé entre la Chine et la Russie a été scellé par la création du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud).
Le BRICS est devenu un symbole fort du rapprochement entre la Chine et la Russie, représentant un bébé en commun qui consolide leur coopération et leur influence sur la scène mondiale.
Les deux pays partagent une longue frontière commune, ce qui crée des intérêts géopolitiques communs en matière de sécurité et stabilité régionale. La stabilité aux frontières est une priorité pour les deux gouvernements, ce qui a conduit à une collaboration renforcée en matière de sécurité et défense.
Le rapprochement sino-russe peut également être considéré comme un contrepoids aux puissances occidentales traditionnelles, notamment les États-Unis et l’Union Européenne.
Alors que Chine continue de jouer un rôle de plus important sur la scène internationale, la coopération étroite avec la Russie renforce la position des deux pays dans les affaires mondiales. Cependant, ce rapprochement stratégique suscite également des inquiétudes et des défis pour la communauté internationale, qui doit naviguer dans ce nouvel ordre mondial émergent et promouvoir un équilibre entre les intérêts nationaux et les intérêts communs.
Face aux évènements géopolitiques majeurs qui se déroulent actuellement à travers le monde, il est indéniable que nous assistons à un « grand chamboulement » dans l’échiquier mondial. Des crises telles que la guerre en Ukraine et le coup d’État au Niger témoignent des tensions et des changements de pouvoir qui secouent les relations internationales. Parallèlement, la régression de l’influence française et européenne en Afrique, ainsi que celle de l’influence américaine en Amérique latine, souligne « une redistribution des cartes géopolitiques ».
Comme l’a souligné l’éminent diplomate Ban Ki Moon, ancien Secrétaire général des Nations Unies : « Les défis mondiaux d’aujourd’hui ne peuvent être relevés par un seul pays ou une seule organisation. Ils nécessitent une coopération internationale et une vision commune ».
Cette citation illustre l’importance de la collaboration et de la diplomatie dans un monde en mutation.
Dans ce contexte, les paroles de Henry Kissinger, diplomate américain chevronné, prennent tout leur sens : « La diplomatie n’est pas une fin en soi, elle est le moyen de poursuivre les objectifs nationaux et d’assurer la sécurité de notre pays et de nos alliés. »
Ces mots rappellent que la diplomatie joue un rôle primordial pour maintenir l’équilibre dans les relations internationales, surtout lorsque les rapports de force sont en train de se redéfinir.
Ainsi, la géopolitique mondiale est confrontée à une période de profonds changements, où de nouveaux acteurs émergent et où les alliances traditionnelles sont remises en question. La dynamique complexe de ces bouleversements crée des défis et des opportunités pour tous les pays du monde.
La coopération internationale, la diplomatie et la recherche de solutions communes deviennent des impératifs pour naviguer dans ce nouvel ordre mondial.
Il est clair que nous sommes confrontés à un grand bouleversement dans l’échiquier mondial. Les événements géopolitiques en cours reflètent « une redistribution des cartes » qui appelle à une réflexion approfondie sur les politiques et les stratégies des nations.
Dans cette période de transition, il est essentiel que les acteurs internationaux s’engagent dans un dialogue constructif et œuvrent ensemble pour relever les défis mondiaux. Seule une approche collective et éclairée permettra de sculpter un avenir plus stable et prospère pour l’ensemble de la communauté mondiale.
La révolution du "No Code": Peut-on espérer une plateforme francophone ?
La révolution du « No Code » :
Peut -on espérer une plateforme
francophone ?
Par
Jamel
BENJEMIA
La révolution du « No Code », portée par des outils tels que « WebFlow », a transformé de manière radicale la façon dont les applications et les sites web sont créés, permettant à des individus sans compétences en programmation de concevoir des produits numériques fonctionnels. Cette démocratisation de la création numérique a ouvert de nouvelles perspectives pour les entrepreneurs, les créatifs et les entreprises, leur permettant de donner vie à leurs idées sans dépendre entièrement des développeurs.
Toutefois, malgré les avantages évidents du « No Code », une problématique majeure persiste pour les francophones : l’absence de plateformes adaptées à la langue française. Alors que la révolution du « No Code » s’accélère dans le monde anglophone avec des plateformes populaires telles que « WebFlow », « Bubble » et « Zapier », le monde francophone se retrouve en quelque sorte à la traîne, avec des outils comparables en français.
Dans cet article, nous soulignerons l’impérieuse nécessité pour la communauté francophone de développer une plateforme « No Code » en langue française, afin de permettre à un plus grand nombre d’utilisateurs de tirer pleinement parti de cette révolution numérique.
Nous examinerons également comment l’intelligence artificielle (IA) et la réalité virtuelle (RV) enrichissent encore davantage le potentiel du « No Code », offrant ainsi des perspectives prometteuses pour l’avenir de la création numérique.
Enfin, nous aborderons l’importance de généraliser l’enseignement du « No Code », en intégrant cette compétence essentielle dans les programmes éducatifs, afin de créer de nouvelles opportunités pour les apprenants francophones et de préparer la nouvelle génération à naviguer dans un monde numérique en constante évolution.
Le No Code : une révolution créative
Le « No Code » est une révolution créative qui donne aux individus le pouvoir de créer des sites web et des applications sans nécessiter de compétences en programmation traditionnelles.
Les utilisateurs peuvent concevoir des projets numériques en utilisant simplement des blocs de construction préconfigurés, des glisser-déposer et des configurations visuelles.
Cette révolution élimine la barrière technique de la programmation, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives pour les individus désireux de concrétiser leurs idées créatives sans dépendre de développeurs.
Le « No Code » émerge comme une bouffée d’air frais pour les créateurs qui aspirent à concrétiser leurs idées sans être tributaires de développeurs aux motivations commerciales.
Désormais, les créatifs peuvent suivre leur vision sans être retenus par des développeurs cherchant à vendre leurs propres projets au détriment de la créativité du concepteur. Cette libération créative permet aux individus de donner vie à leurs idées sans aucune barrière technique.
L’apport de l’intelligence artificielle (IA)
Au cœur de cette révolution du « No Code » réside l’intelligence artificielle (IA), qui contribue à accélérer et optimiser le processus de création.
Les capacités de l’intelligence artificielle (IA) intégrées aux plateformes « No Code » suggèrent des modèles de conception, des mises en page optimales et prédisent les besoins des utilisateurs.
L’intelligence artificielle (IA) élargit considérablement le champ du possible dans le « No Code » en permettant la réalisation des tâches autrefois complexes qui nécessitaient des compétences techniques avancées.
Par exemple, l’intelligence artificielle (IA) peut être utilisée pour mettre en œuvre des fonctionnalités d’apprentissage automatique ou de traitement du langage naturel sans que l’utilisateur ait à coder manuellement ces options. Cette démocratisation de l’intelligence artificielle (IA) ouvre des portes aux créateurs et entrepreneurs qui n’ont pas nécessairement de formation technique, leur permettant de donner vie à des projets ambitieux et novateurs.
L’intelligence artificielle (IA) agit comme catalyseur pour l’innovation, permettant aux utilisateurs de repousser les frontières de la créativité et de créer des solutions originales pour des problèmes réels.
La réalité virtuelle (RV) : une expérience immersive
Une autre facette passionnante du « No Code » réside dans l’intégration de la réalité virtuelle (VR).
La réalité virtuelle (VR) offre une expérience immersive et interactive qui permet aux créateurs de concevoir leurs projets en trois dimensions, de les visualiser en temps réel et de les ajuster de manière plus réaliste.
Grâce à cette immersion, les créatifs peuvent affiner leur vision avec un niveau de détail et de réalisme époustouflants, renforçant ainsi leur connexion émotionnelle avec leurs projets.
La réalité virtuelle (RV) ouvre ainsi des horizons inédits pour les artistes, les concepteurs de jeux, les architectes, et bien d’autres encore.
Ainsi, la réalité virtuelle (RV) permet de créer des interfaces utilisateurs plus intuitives et conviviales.
Les utilisateurs peuvent interagir avec les applications et les sites Web de manière plus naturelle, en utilisant des gestes et des mouvements réels plutôt que de simples clics de souris.
En outre, la réalité virtuelle (RV) offre la possibilité de concevoir des environnements tridimensionnels, permettant aux utilisateurs d’explorer virtuellement des espaces et des lieux.
En ce qui concerne le développement des jeux vidéo, la réalité virtuelle (RV) dans le « No Code » ouvre de nouvelles perspectives pour les concepteurs amateurs et les passionnés des jeux.
Bien que des défis subsistent, l’avenir de la réalité virtuelle (RV) dans le « No Code » est prometteur, et nous pouvons nous attendre à voir émerger des projets encore plus novateurs dans les années à venir.
La fracture spatio-temporelle, une barrière qui sépare les individus et les lieux ; semble destinée à être comblée grâce à une alliance inédite entre la réalité virtuelle (RV) et le « No Code ».
Cette convergence technologique offre des opportunités sans précédent pour transcender les limitations physiques et temporelles, ouvrant ainsi un nouveau chapitre dans l’histoire de la communication, de l’éducation et de la créativité.
L’urgence d’une plateforme « No Code » francophone
Malgré l’essor du « No Code » dans le monde anglophone, le monde francophone peine encore à bénéficier de plateformes adaptées. Cela entrave considérablement l’essor de cette révolution créative au sein du monde francophone et requiert une réponse urgente pour combler cette fracture numérique.
La langue est un élément fondamental dans la compréhension, l’apprentissage et l’expression des idées. Pour les francophones, l’utilisation d’une plateforme « No Code » en français permettrait une meilleure assimilation des concepts et une plus grande aisance dans l’exploration des fonctionnalités. Lorsque les créateurs peuvent travailler dans leur langue maternelle, ils sont plus à même de développer leur créativité et d’exprimer pleinement leur vision.
Une plateforme « No Code » en français permettrait de briser ces barrières et d’encourager davantage de créateurs à se lancer dans l’aventure entrepreneuriale, tout en stimulant l’innovation au sein de la communauté francophone.
L’éducation joue un rôle crucial dans l’apprentissage et la maîtrise des nouvelles technologies. En ayant une plateforme « No Code » en français, il serait plus facile d’intégrer cette technologie dans les programmes éducatifs francophones, des écoles secondaires aux universités. Cela permettrait aux étudiants francophones de développer des compétences numériques de pointe dès leur jeune âge, les préparant ainsi à une carrière dans l’économie numérique.
La révolution du « No Code » marque une étape importante dans l’évolution de la création numérique. En mettant l’accent sur l’éducation, cette révolution offre des opportunités infinies aux créateurs en herbe et aux professionnels du numérique.
Cette révolution promet de redéfinir la manière dont nous concevons, développons, et interagissons avec la technologie.
Cependant, pour que cette révolution soit véritablement inclusive et bénéfique pour tous, il est essentiel de tenir compte de l’aspect linguistique. La création d’une plateforme « No Code » francophone dédiée est impérative afin de faciliter l’accès à ces technologies à un plus grand nombre de créateurs. Certes, une association francophone liée au mouvement « No Code » a vu le jour en 2021 et regroupe 9000 membres, mais elle n’a pas encore développé sa propre plateforme.
En unissant nos efforts pour créer une plateforme « No Code » francophone et en mettant l’accent sur une approche inclusive, nous ouvrons la voie à une créativité sans limites et à une collaboration fructueuse au sein de la communauté francophone. Ensemble, nous pouvons façonner un avenir numérique dynamique, où l’expression et l’innovation ne connaissent pas de frontières linguistiques.
Ainsi, la révolution du « No Code » nous offre une opportunité unique de repousser les barrières traditionnelles et de créer un écosystème numérique riche, diversifié et accessible à tous les francophones, où l’imagination est la seule limite.
Ensemble, embrassons cette révolution créative et construisons un avenir numérique radieux pour tous.
Le Mémorandum Tunisie-Union Européenne : Coopération asymétrique ou véritable partenariat ?
Le Mémorandum Tunisie-Union Européenne : Coopération asymétrique ou véritable partenariat ?
Par
Jamel
BENJEMIA
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Dans un monde de plus en plus interdépendant, les relations internationales jouent un rôle crucial dans le renforcement des liens entre pays et régions. Le Mémorandum signé entre la Tunisie et l’Union Européenne est un exemple éloquent de cette dynamique, suscitant un intérêt particulier en raison de sa nature asymétrique et des défis qu’il soulève.
Cet article explore les tenants et les aboutissants de l’art de la négociation internationale, les contours d’une relation asymétrique en faveur de la Tunisie, et l’influence des théories de la coopération dans les relations internationales. Il aborde également la notion du « gagnant-gagnant » dans ce contexte, tout en traitant d’autres aspects pertinents.
La négociation internationale est le processus par lequel des acteurs étatiques et non étatiques cherchent à parvenir à un accord sur des questions d’intérêt commun ou de conflit. Ces discussions peuvent couvrir divers domaines tels que le commerce, la sécurité, l’environnement, les droits de l’homme, et bien plus encore. Les participants incluent généralement des représentants gouvernementaux, des diplomates, des experts techniques, et des parties prenantes de la société civile.
Les intérêts en jeu sont souvent multiples et divergents. Chaque partie tente de maximiser ses avantages tout en minimisant les concessions accordées aux autres. Ces différences d’objectifs peuvent rendre les négociations difficiles et complexes.
L’asymétrie
L’asymétrie dans les négociations internationales se réfère aux déséquilibres de pouvoir, d’influence économique, politique et technologique entre les parties impliquées.
Ce déséquilibre représente un défi majeur pour les pays en voie de développement qui cherchent à renforcer leurs liens avec des partenaires plus puissants, comme en témoignent les exemples de la Grèce, de l’Espagne et du Portugal lors de leur adhésion à l’Union Européenne, ainsi que le Mémorandum entre la Tunisie et l’Union Européenne. Pour surmonter ces défis, il est essentiel que les parties engagent un dialogue ouvert et inclusif, recherchent des solutions mutuellement bénéfiques et envisagent des mécanismes de soutien pour renforcer les capacités des pays en voie de développement lors de ces négociations complexes.
La quête du « gagnant-gagnant » peut sembler une utopie dans les relations internationales en raison des asymétries de pouvoir et d’intérêts entre les acteurs. Les nations, les organisations internationales et les entités régionales peuvent avoir des niveaux de pouvoir et d’influence très différents. Dans certaines situations, les intérêts nationaux peuvent entrer en conflit, et les pays peuvent être en concurrence les uns avec les autres pour atteindre leurs objectifs particuliers.
Dans de tels cas, trouver un équilibre bénéfique pour tous peut être difficile, voire impossible.
De plus, certains considèrent que la quête du « gagnant-gagnant » est naïve, en raison du concept du réalisme en relations internationales. Le réalisme est une approche qui considère que les Etats cherchent avant tout à maximiser leur propre puissance et à préserver leurs intérêts nationaux. Selon cette perspective, les Etats peuvent agir de manière égoïste et privilégier leurs propres avantages plutôt que de chercher des solutions équitables pour toutes les parties impliquées.
Cependant, malgré les défis, la quête du « gagnant-gagnant » demeure un objectif à poursuivre pour promouvoir la paix, la stabilité et le développement mondial. Les négociations internationales doivent continuer à chercher des moyens d’équilibrer les intérêts divergents et de parvenir à des accords mutuellement bénéfiques, même dans un contexte d’asymétrie des pouvoirs. Cela nécessite une volonté de compromis et une coopération constructive entre toutes les parties concernées, dans le but de créer un monde plus juste et harmonieux.
Le Mémorandum entre la Tunisie et l’Union Européenne
Le Mémorandum entre la Tunisie et l’Union Européenne signé le 16 juillet 2023 est un accord crucial visant à renforcer le partenariat économique et commercial entre les deux parties.
Cependant, il est important de souligner que cette relation doit être asymétrique, en faveur de la Tunisie, étant donné les difficultés qu’elle rencontre dans son processus de décollage économique. En effet, pour assurer un développement durable et inclusif de la Tunisie, un soutien substantiel est nécessaire, et c’est là que l’Union Européenne peut jouer un rôle décisif.
Un aspect essentiel de cet accord réside dans le soutien de l’Union Européenne à la stabilité macro-économique de la Tunisie. Elle s’engage à accompagner les efforts du pays pour stimuler la croissance économique grâce à des politiques appropriées et des réformes socio-économiques. Cette approche vise à établir un modèle de développement durable qui renforcera l’équilibre macro-économique du pays.
L’économie et le commerce constituent également un pilier majeur de cet accord. Les deux parties cherchent à renforcer leur coopération économique en encourageant les échanges commerciaux de biens et services. L’objectif est de créer un environnement favorable aux affaires, d’attirer les investissements et de muscler l’appareil productif tunisien.
Dans ce contexte, le partenariat se concentre sur plusieurs domaines clés tels que l’agriculture, l’économie circulaire, la transition numérique, le transport aérien, l’éducation et la transition énergétique verte. Ces secteurs offrent des opportunités de croissance pour la Tunisie et contribueront à son décollage économique.
La transition énergétique verte est particulièrement importante dans ce Mémorandum, compte tenu du potentiel de la Tunisie en matière d’énergies renouvelables. Ce partenariat permettra également de diversifier l’approvisionnement énergétique de l’Europe, réduisant ainsi la dépendance à l’égard de la Russie.
Le Mémorandum souligne également l’importance du rapprochement entre les peuples par le biais de la coopération scientifique, culturelle et technique. L’Union Européenne prévoit un soutien supplémentaire dans ces domaines, notamment en matière de formation technique et professionnelle pour renforcer les compétences de la main d’œuvre tunisienne et soutenir le développement économique à tous les niveaux du pays.
Les deux parties s’engagent à adopter une approche globale de la migration ; en mettant l’accent sur l’importance de la migration légale et la lutte contre l’immigration irrégulière. La Tunisie réaffirme sa position de ne pas être un pays d’accueil pour les migrants en situation irrégulière.
Dans l’ensemble, le Mémorandum entre la Tunisie et l’Union Européenne représente une étape significative dans le renforcement du partenariat économique et commercial entre les deux parties. Cependant, il est essentiel de veiller à ce que cette relation reste asymétrique, en faveur de la Tunisie, afin de soutenir durablement le développement du pays. Cela permettra de créer un environnement favorable à la croissance économique, à la stabilité et au bien-être de la population tunisienne.
Les imperfections
Le Mémorandum énonce des intentions et des objectifs, mais il pèche par un manque de détails concrets quant aux actions qui seront entreprises pour les réaliser.
De plus, les mécanismes de suivi et d’évaluation nécessaires pour mesurer la mise en œuvre et les résultats des actions entreprises ne sont pas clairement mentionnés dans le Mémorandum.
La gestion des flux migratoires et le respect des droits humains dans la mise en œuvre des différentes coopérations sont également des points qui manquent de précision dans l’accord. En l’absence de dispositions spécifiques sur le rapatriement des Tunisiens en situation irrégulière, après avoir épuisé tous les recours légitimes dans les pays européens, l’infra-droit avec son cortège de pratiques illégales pourra subsister et mettra en péril l’Etat de droit.
Il est donc crucial que les négociateurs et les parties prenantes accordent une attention particulière à ces détails lors de la rédaction d’accords internationaux. Une formulation claire et précise peut éviter des interprétations ambiguës, favoriser le respect des droits humains, et contribuer à des relations internationales constructives et durables entre les pays.
En effet, il est admis que les Mémorandums peuvent comporter des imperfections ou des lacunes potentielles.
Des formulations alambiquées peuvent entrainer des interprétations divergentes des dispositions de l’accord, compliquant ainsi sa mise en œuvre.
Pour éviter qu’un Mémorandum reste lettre morte, il est indispensable de prévoir des mesures concrètes pour sa mise en œuvre et des mécanismes de suivi et d’évaluation clairs pour mesurer l’efficacité et l’impact sur le long terme.
En cas de non-respect des engagements par l’une des parties, la confiance et la coopération entre celles-ci risquent d’être compromises, à moins qu’un organe de médiation prévu dans les statuts puisse intervenir pour résoudre les conflits éventuels. Pour éviter que l’accord ne soit en contradiction avec d’autres accords, obligations internationales ou constitutions nationales, une analyse minutieuse des implications juridiques est primordiale.
Il est important de reconnaître que les accords internationaux sont souvent le résultat de compromis entre différentes parties et peuvent être complexes en raison des multiples intérêts en jeu. Malgré les imperfections potentielles, ces accords jouent un rôle crucial dans la promotion de la coopération et de la stabilité internationales. Les parties peuvent travailler ensemble pour surmonter ces défis et œuvrer à améliorer la mise en œuvre et les résultats de l’accord au fil du temps. Ce faisant, elles pourront renforcer la coopération internationale et favoriser un développement durable et équitable pour toutes les parties concernées.
La négociation internationale est un processus complexe et multifacettes, essentiel pour aborder les défis mondiaux et promouvoir la coopération internationale. Cependant, ce processus est confronté à de nombreuses complexités, telles que les différences culturelles, les intérêts nationaux, la participation des acteurs non étatiques, ainsi que les déséquilibres de pouvoir entre les parties impliquées. Pour réussir dans ces négociations, les acteurs doivent faire preuve de flexibilité, de compréhension interculturelle et d’un engagement envers des solutions mutuellement bénéfiques. L’art de la négociation internationale réside dans la capacité à trouver un terrain d’entente malgré les défis, afin de bâtir des relations durables et constructives entre les nations.
Koffi Annan, l’ancien Secrétaire général des Nations Unies avait souligné que :
« La négociation internationale est l’art subtil de concilier les intérêts divergents pour atteindre un objectif commun »,
Henri Kissinger, l’ancien Secrétaire d’Etat des Etats Unis note que « le vrai succès de la diplomatie réside souvent dans ce qui a été évité que dans ce qui a été accompli ».
Ce n’est pas un hasard que le diplomate centenaire américain reprenne du service ces derniers jours pour essayer de débloquer la crise sino-américaine.
En somme, la négociation internationale est une démarche cruciale pour aborder les enjeux mondiaux et promouvoir la coopération entre nations. Malgré les différences culturelles, les intérêts nationaux, la participation d’acteurs non étatiques, et les asymétries de pouvoir, les négociateurs doivent persévérer dans leur quête de solutions équilibrées et durables. Cela permettra de sculpter un monde plus juste et harmonieux, où les pays peuvent travailler ensemble pour surmonter les défis communs et bâtir un avenir prospère pour tous.
Le Dinar numérique: La révolution financière tant attendue pour la Tunisie ?
Le Dinar numérique :
La révolution financière
tant attendue
pour
la
Tunisie ?
Par
Jamel
BENJEMIA
Dans un monde de plus en plus numérisé, l’innovation technologique joue un rôle essentiel dans la croissance économique. La Tunisie, pays en quête de prospérité, doit saisir les opportunités offertes par les avancées techniques afin de stimuler ses investissements et favoriser ses transactions économiques.
Le Gouverneur de la Banque Centrale Tunisienne a récemment affirmé que l’ouverture des comptes bancaires en devises étrangères aux résidents « ne se fera pas dans l’immédiat », tant que les niveaux des réserves en devises étrangères ne seront pas jugés satisfaisants.
Face à cette situation, l’introduction du « Dinar numérique » (eDinar) apparait comme une solution prometteuse pour propulser l’économie tunisienne vers de nouveaux horizons.
Cette monnaie numérique, soutenue par la Banque Centrale présente de nombreux avantages pour les transactions, l’épargne et le financement des infrastructures. Dans cet article, nous explorerons en détail les bénéfices d’une telle initiative et son impact potentiel sur l’économie tunisienne.
Contrairement aux cryptomonnaies décentralisées, le « Dinar Numérique » (eDinar) permettrait au gouvernement de maintenir la stabilité financière et de réguler l’économie nationale, évitant ainsi les fluctuations excessives des valeurs et les risques associés
Sécurité et transparence
En utilisant un « Dinar Numérique » (eDinar), les transactions pourraient bénéficier d’une sécurité renforcée et d’une plus grande transparence.
Grâce à la technologie de la « Blockchain », chaque transaction serait enregistrée de manière immuable, réduisant ainsi les risques de fraude et de corruption. De plus, la traçabilité des transactions favoriserait la transparence et renforcerait la confiance des acteurs économiques.
L’introduction d’un « Dinar Numérique » (eDinar) permettrait des transactions en temps réel, éliminant ainsi les délais et les frais associés aux transferts bancaires traditionnels. Les paiements pourraient être effectués instantanément, facilitant les échanges commerciaux et favorisant la croissance économique.
Cette rapidité des paiements améliorerait la vie quotidienne des entreprises et des startups tunisiennes qui seraient autorisées à détenir des comptes en « Dinar Numérique » (eDinar).
Le financement intelligent de l’économie
Permettre aux non-résidents d’ouvrir des comptes d’épargne en « Dinar Numérique » (eDinar) aurait un effet positif sur l’attractivité de la Tunisie.
Les travailleurs tunisiens de l’étranger pourraient bénéficier d’un taux d’intérêt attractif, ce qui stimulerait leur motivation à épargner. De plus, l’introduction d’un « Dinar Numérique » (eDinar) convertible peut aider la Tunisie à surmonter ses difficultés d’emprunt sur le marché international.
En offrant aux compagnies d’assurance mondiales la possibilité de souscrire à des plans d’épargne attrayants, avec un rendement garanti et des prélèvements faibles à la sortie, la Tunisie pourrait attirer des investissements pour des projets d’infrastructures d’envergure.
La monnaie numérique dans le monde
Il est indéniable que la monnaie numérique suscite des débats quant à sa capacité de transformer les équilibres économiques et financiers mondiaux.
Certains y voient un moyen de remettre en question le système monétaire international établi lors des accords de « Bretton Woods » en 1944, qui a donné au dollar américain une place centrale dans les transactions internationales. La monnaie numérique pourrait être perçue comme une alternative à ce système et une forme d’émergence d’une nouvelle hégémonie. En effet, les pays qui développent leurs propres monnaies numériques, telles que la Chine avec son « Yuan Numérique », cherchent à accroître leur influence économique et financière sur la scène mondiale.
Cependant, il est important de souligner que la transition vers une nouvelle forme d’hégémonie monétaire ne se fera pas sans défis et résistances.
Les monnaies numériques doivent séduire les investisseurs et prouver leur fiabilité, leur sécurité et leur acceptation par les opérateurs financiers influents.
Les régulateurs et les gouvernements joueront un rôle crucial dans la supervision de ces nouvelles formes de monnaie, afin de prévenir les risques liés à la stabilité financière, à la protection des données, au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme.
Il est important de souligner que la transition vers la monnaie numérique ne signifie pas nécessairement l’abandon des systèmes financiers traditionnels.
Il est plus probable que les monnaies numériques coexistent avec les devises fiduciaires, complétant ainsi la gamme des instruments monétaires plutôt que de les remplacer.
L’adoption d’une monnaie numérique en coexistence avec les instruments financiers traditionnels peut renforcer le proverbe populaire selon lequel : « il vaut mieux avoir deux fers au feu ».
Enfin de compte, la question de savoir si la monnaie numérique est un moyen de rompre les liens avec le système de « Bretton Woods » dépendra de son degré d’acceptation par les acteurs économiques et financiers, ainsi que des décisions politiques et réglementaires qui encadreront son utilisation.
Seul le temps nous dira quel rôle les monnaies numériques joueront dans la redéfinition de l’ordre monétaire international.
La révolution en marche
Ces dernières années, la notion de monnaie numérique a connu une expansion considérable dans le monde financier. Les projets de création de monnaies numériques de banques centrales se multiplient et sont devenus un sujet incontournable pour de nombreuses institutions d’émission.
Selon la Banque des Règlements Internationaux (BRI), « plus de 85% des Banques Centrales dans le monde travaillent ou ont l’intention de travailler sur un projet de monnaie numérique ».
Cette tendance marque un tournant majeur dans le paysage financier mondial et suscite de nombreuses réflexions sur les implications et les avantages de cette évolution.
Des exemples emblématiques de ces projets sont la monnaie numérique de la RiksBank, la Banque Centrale de Suède, et celle de la Banque Populaire de Chine (PBoC).
La RiksBank, en tant que plus ancienne banque centrale du monde, s’est intéressée très tôt à la monnaie numérique.
Quant à la PBoC, elle a lancé un ambitieux projet de monnaie numérique dès 2014, cherchant à créer un environnement technique entièrement nouveau et distinct des « Blockchains » existantes. La monnaie numérique chinoise (« Yuan Numérique ») est conçue comme un outil de concurrence face au dollar américain.
Il convient également de mentionner le projet BSN (Blockchain-based Service Network), lancé par le gouvernement chinois en 2020. Le BSN vise à construire un cadre mondial pour le déploiement et l’exploitation d’applications basées sur la technologie de la « Blockchain », sans l’utilisation de crypto-actifs. Ce projet stratégique s’inscrit dans la volonté de la Chine de devenir un acteur majeur de la technologie de la « Blockchain » à l’échelle mondiale.
Le fonctionnement du « Yuan Numérique » repose sur une structure à deux niveaux, dans laquelle la Banque Populaire de Chine(PBoC) est connectée aux banques commerciales, aux opérateurs de télécommunications et aux réseaux de paiement à grande échelle. Ces entités proposent ensuite l’e-CNY (« Yuan Numérique ») aux clients de détail.
La PBoC conserve le contrôle de l’émission, de l’infrastructure et de la supervision, tout en permettant l’accès à différents types d’intermédiaires, au-delà des institutions financières traditionnelles. L’e-CNY est disponible sous différentes formes, telles que les portefeuilles électroniques, des codes QR, des paiements NFC (Apple/Huawei/Samsung Pay) et des cartes bancaires. Il offre également la possibilité d’un double paiement hors ligne, permettant aux utilisateurs de transférer de l’argent même sans accès à internet ou à un compte bancaire. Cette fonctionnalité est rendue possible grâce à l’utilisation de liens de comptes faiblement couplés, assurant un niveau de confidentialité contrôlé.
Ce n’est pas une simple fantaisie
Avec la monnaie numérique, il est possible d’émettre des « Tokens » qui représentent des actifs financiers tels que des actions, des obligations ou des produits d’épargne. Ces « Tokens » peuvent être échangés et transférés de manière rapide et transparente via des plateformes de « Blockchain ». Les émetteurs ont ainsi la possibilité de créer des produits d’investissement numériques attrayants pour les investisseurs.
Le monde évolue à une vitesse fulgurante, et il est temps pour la Tunisie de se hisser au sommet de l’innovation financière. Le « Dinar Numérique » (eDinar) est une opportunité qui se présente à nous, une chance de transformer notre système monétaire et de nous positionner en tant que pionnier en Afrique dans cette ère numérique.
Observons comment les économies avancées embrassent le changement, adoptent les technologies émergentes et repensent leurs monnaies.
Le « Dinar Numérique » (eDinar) n’est pas une simple fantaisie, c’est un espoir qui pourrait révolutionner notre système financier, stimuler notre économie et renforcer la confiance des investisseurs.
Ne nous contentons pas de rester attachés à des méthodes dépassées du passé. Osons repenser notre monnaie, osons innover et créer un écosystème financier moderne qui réponde aux exigences du monde d’aujourd’hui.
La Tunisie ne peut pas se permettre de rester en marge de cette révolution numérique. Nous avons le potentiel, le talent et les ressources nécessaires pour être des acteurs majeurs dans ce domaine.
N’ayons pas peur du changement, mais soyons les architectes de notre propre destin.
La Tunisie mérite un avenir radieux, et le « Dinar Numérique » (eDinar) peut nous aider à le réaliser. Faisons preuve de courage, de créativité, de persévérance et de détermination.
Ensemble, nous ouvrirons les portes d’un avenir prospère et prometteur.
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